23.01.2010

Le tourisme au menu du Conseil municipal

Lors de sa séance du vendredi 22 janvier, le conseil municipal était saisi d'une délibération par laquelle la ville sollicitait l'appellation de commune touristique (ce qui permet notamment de bénéficier d'une dotation complémentaire de l'Etat).

Ce fut l'occasion pour Stéphane Perrin, conseiller municipal de Saint-Malo, d'interroger le maire sur différentes questions liées à la situation du tourisme à Saint-Malo


Monsieur le Maire,


La délibération qui nous est proposée vise à l'obtention de l'appellation de commune touristique pour la ville de Saint-Malo. Elle est l'occasion de faire le point sur le tourisme à Saint-Malo dont il est paradoxalement assez peu question au sein de ce conseil municipal en dépit de l'importance du sujet pour la ville. Je souhaiterais brièvement aborder trois points.


 

1. Sur la mesure de la situation du tourisme à Saint-Malo


 

Le texte à l'appui de la demande de classement en commune touristique ne contient que peu de données chiffrées sur le tourisme à Saint-Malo. S'il est vrai que ce n'était pas son objet, ceci traduit aussi le flou qui peut régner en la matière.

 

La CCI avait réalisé une étude il y a quelques années d'où il ressortait qu'une bonne part du tourisme à Saint-Malo était intra-départemental, c'est-à-dire un tourisme d'excursion à la journée dont les retombées économiques sont limitées.

 

Il serait souhaitable que nous ayons une connaissance plus fine et plus régulière de la fréquentation touristique à Saint-Malo.

 

Je renouvelle également mon souhait que la commission tourisme, éventuellement élargie, puisse entendre les principaux acteurs du tourisme à Saint-Malo : les responsables de l'office du tourisme, les représentants du monde hôtelier, les gestionnaires du Palais du Grand Large, etc...


 

2. Sur la mise en valeur du patrimoine malouin


 

Si l'attractivité de Saint-Malo repose pour une bonne part sur ses remparts, si l'activité favorite du touriste est le tour des remparts, on ne peut qu'être frappé de constater que le visiteur ne reçoit à cette occasion que peu d'informations sur l'histoire de ces remparts, sur le développement de la ville.

 

Se figurer ce qu'a été le rocher, une île, pour devenir un port est impossible sans le secours d'un local de l'étape capable de présenter la topographie de la ville. Il fut un temps où des étudiants proposaient des visites guidées, un temps éloigné puisque ces mêmes étudiants sont aujourd'hui des retraités.

 

Nous avons là une marge de progression considérable. En nous appuyant sur notre patrimoine, nous parviendrons à nous attacher une clientèle touristique exigeante, à la recherche d'informations sur la culture et l'histoire locales.

 

Ceci m'amène à vous interroger sur une autre appellation, celle de « ville d'art et d'histoire » affichée en entrée de ville bien que nous ne remplissions plus les conditions pour revendiquer un tel label. Où en êtes-vous dans les démarches nécessaires pour remplir à nouveau les conditions ?


 

3. Sur le repos dominical

 

 

Le tourisme, c'est aussi un secteur d'activité économique important, pourvoyeur d'emplois même si l'on peut douter de l'importance des emplois qualifiés permanents qui sont mis en avant dans cette délibération (à nouveau, une connaissance plus fine de la situation de l'emploi dans ce secteur s'imposerait). Il y a donc lieu de prendre en considération la situation des entreprises et des salariés de ce secteur.

 

L'appellation commune touristique au sens du code du tourisme (dont il est question dans cette délibération) n'a rien à voir avec celle du code du travail qui permet notamment de régler la question du travail du dimanche.

 

Toutefois, les notions sont proches et la communauté d'agglomération sera nécessairement consultée si le classement de Saint-Malo en commune touristique devait intervenir.

 

Je souhaiterai donc connaître la position qui sera la vôtre dans ce cas.

 

La situation de Saint-Malo est souvent revenue au cours des débats parlementaires sur la loi relative au repos domical. Toutefois, cette loi, telle qu'elle a été votée (y compris par vous), est bien loin d'offrir les mêmes garanties que l'accord signé localement par plusieurs organisations syndicales.

 

On a même entendu sur des radios nationales des petits commerçants malouins (qui autant que les salariés pourraient être perdants) s'inquiéter des bouleversements que pourrait provoquer localement cette loi.

 

Il nous apparaît important d'apporter sur ce point des réponses claires aux premiers concernés.


Dans sa réponse, le maire a admis que la connaissance de la fréquentation touristique était trop intuitive mais a considéré qu'une connaissance plus fine supposerait la création d'un observatoire dépassant la seule échelle de Saint-Malo. En revanche, il a retenu l'idée d'une rencontre en commission avec les acteurs du tourisme.

S'agissant du patrimoine, la réponse fut plus décevante. Il a estimé que les sociétés privées de guides touristiques satisfaisaient la demande. Quant à l'appellation "Ville d'Arts et d'Histoire", le maire semble y renoncer compte tenu des contraintes imposées mais trouve que les panneaux en entrée de ville revendiquant toujours cette appellation n'ont pas à être enlevées. De l'art de pratiquer la publicité mensongère...

Quant au repos domical, le maire qui avait pourtant voté la loi sur le repos dominical dans les communes touristiques se montre aujourd'hui soucieux de préserver l'existant. Une manière de revenir sur son vote à l'Assemblée nationale ? Toujours est-il que les élus de gauche ont assorti leur vote favorable d'une réserve afin d'être assurés que cette demande de classement en commune touristique n'aurait pas de conséquences sur le repos dominical. La majorité s'est un peu mélangée les pinceaux sur ce sujet...

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