27.01.2010

René Couanau, faux rebelle !

« René Couanau, rebelle mais pas trop » : tel est le titre du Pays Malouin suite aux vœux du maire de Saint-Malo. Humour de la part des journalistes mais en ce qui concerne l'intéressé, il est permis de penser plutôt à une volonté de se désolidariser d'un bourbier politique national devenu intenable et ingérable localement. Pour autant, il y a peu de temps,  René Couanau accueillait avec faste et enthousiasme le candidat Sarkozy pour le lancement de sa campagne présidentielle.



De même, prétendre aujourd'hui avoir eu une « démarche dynamique » pour créer la communauté d'agglomération et le pays de Saint-Malo, c'est oublier un peu vite que sans les lois Chevènement et Voynet de 2000, nous serions toujours condamnés à l''inertie dans laquelle baignait depuis des années la majorité municipale en 1999.


Le maire aura en revanche tiré rapidement profit de ces lois qu'il n'a pas votées par une recherche de pouvoir sans partage. Ainsi, le maire et son premier adjoint refuse toute participation de l'opposition malouine aux travaux du conseil communautaire et du pays alors que se produit un transfert continu de prérogatives communales importantes vers l'agglomération.


Nous subissons pourtant toujours le manque d'enthousiasme initial du maire. Ainsi, le lancement des Plan Local de l’Habitat et Plan de Déplacement Urbain presque dix ans après la loi SRU de Lionel Jospin en 2000  explique notre retard dans le logement social et les transports en commun.


Plus grave, cette absence de volonté débouche sur une baisse inquiétante du nombre d'habitants (environ 2000 habitants de moins), cas rarissime en Bretagne mais largement annoncé depuis des années par les fermetures annuelles de classe voire d'écoles. Vouloir expliquer ce constat sous le seul angle des déplacements naturels de population à l'intérieur du pays et de l'agglomération est un peu court alors que chacun sait que les vraies raisons sont la précarité de l'emploi et le coût trop élevé du logement. Les populations salariées partent vers d'autres bassins d'emplois et zones à logements financièrement accessibles, le littoral étant réservé à des populations plus aisées et aux résidences secondaires.


Les conséquences de cette politique que nous dénonçons depuis des années est la fuite de notre jeunesse et donc l'appauvrissement de notre dynamisme économique et humain. La note à payer risque d'être lourde.


Il est facile aujourd'hui de pratiquer les effets d'annonces en pleine crise financière pour un certains nombres d'investissements, certes de qualité, mais déjà annoncés les années précédentes.


Malheureusement, il y a plus de dix ans que nous aurions pour la plupart dû les engager. Le meilleur exemple étant celui du quartier de la gare préparé et finalisé déjà entre 1977 et 1983 par le maire de gauche Louis Chopier (décédé en 2002) et à qui aujourd'hui, en guise de remerciement, on refuse d'attribuer le nom d'une rue malouine politiquement significative.


Pouvoir absolu et revanche idéologique, voilà des comportements qui devraient aujourd'hui être abandonnés dans l'intérêt des Malouines et des Malouins. Tels sont nos vœux pour 2010.



Michel Gendrot et Stéphane Perrin, conseillers municipaux PRG de Saint-Malo

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