16/02/2012

Logement à Saint-Malo : un futuur bien incertain

Dans une tribune commune, Joël Martini, élu UDB, et Michel Gendrot et Stéphane Perrin, élus radicaux de gauche, ont pointé les besoins persistants en matière de logement à Saint-Malo.


Les derniers chiffres du recensement sont tombés comme un couperet. Une seule commune de l’agglomération a perdu des habitants : la ville-centre, Saint-Malo. En effet, Saint-Malo a vu sa population perdre 1166 habitants entre 2006 et 2008 (sources INSEE).

On savait que depuis 2006, la population malouine était passée sous la barre des 50 000 habitants. On savait, aussi, que la tendance était sérieuse : le solde naturel négatif (les décès supérieurs aux naissances) ainsi que le solde migratoire (les départs supérieurs aux arrivés) ; l’augmentation du nombre de résidences secondaires (1009 entre 1999 et 2008) ; la diminution du nombre moyen d’occupants par résidence principale (de 2.15 à 2 entre 1999 et 2008).

On savait, enfin, que l’absence de diversité économique entraîne une forte précarisation des emplois proposés et le chômage.

 Pourquoi une telle situation ?

Entre 1990 et 1999, le nombre de logements a cru de 12,5%, ce qui a permis à Saint-Malo d’atteindre 50 697 habitants lors du recensement global de 1999. Puis la ville a perdu 3 652 habitants entre 1999 et 2009. Cette baisse est à mettre en relation avec l’augmentation de 4,5% du nombre de logements entre 2000 et 2009, soit presque 3 fois moins que pendant la décennie précédente.

Cet attentisme est la cause de la baisse du nombre d’habitants depuis 1999. La droite locale a même empêché la mise en place de l’Etablissement public foncier lancé par la Région pour aider les communes à maîtriser le coût du foncier.

S’y ajoute l’absence de stratégie en matière économique, ce qui n’a pas permis de diversifier les activités et donc le type d’emplois proposés.

A quoi s’attendre pour l’avenir ?

Il a fallu attendre l’adoption du Plan local d’urbanisme en 2006 et du Plan Local de l’Habitat en 2007 pour qu’une nouvelle dynamique s’enclenche. L’objectif affiché est de reconquérir des habitants d’ici 2015 par la construction de 400 logements par an pendant 10 ans. Pour l’atteindre, la ville compte sur les effets de la construction de logements locatifs sociaux et de l’accession sociale à la propriété.

Pour y parvenir, encore faudra-t-il pouvoir maintenir l’effort financier nécessaire, sans porter atteinte aux autres politiques, alors que le recours à l’emprunt devient plus compliqué et qu’il est difficile d’augmenter les impôts des ménages en période de crise.

La situation est plus incertaine encore concernant la construction privée. Là, comme pour l’ancien, la loi du marché prime et, même si les prix deviennent plus abordables en s’éloignant de la mer, les salaires malouins ne peuvent rivaliser avec les revenus des Franciliens dont l’influence va croître avec l’arrivée du TGV Paris-Saint Malo à 2h15 en 2015.

Le réveil de la majorité municipale, qui n’a rien trouvé de mieux que contester les méthodes de l’INSEE, est tardif. Les Malouins, que ce soit par une augmentation du coût du logement et/ou des impôts (pour financer le retard d’investissement) vont payer la note.

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