01/06/2012

Unanimité sur le voeu des radicaux contre les projets de moules sur filières

Michel Gendrot et Stéphane Perrin, conseillers municipaux PRG de Saint-Malo, ont présenté un voeu contre les projets de moules sur filières à Saint-Coulomb et Cancale.

Ces deux projets ont fait l'objet d'une mobilisation des élus de Saint-Coulomb, d'une partie des élus cancalais (Marie Feuvrier et Louis Lenouvel en particulier) ainsi que de nombreuses associations de protection de l'environnement, de professionnels et d'amoureux de la mer.

Les élus radicaux malouins, qui ont participé à cette mobilisation avec Michel Penhouet, maire de Saint-Lunaire et candidat de la majorité présidentielle aux élections législatives, se fécilitent que le conseil municipal de Saint-Malo, à l'unanimité, ait suivi leur proposition.


Voici le texte intégral du voeu tel qu'adopté par le conseil municipal de Saint-Malo :

Deux projets de production de moules sur filières sont actuellement en cours d’examen par les services de l’Etat : l’un au large de la commune de Cancale sur une surface de 200 ha, l’autre au large de Saint-Coulomb sur une surface de 85 ha.

Ces deux projets ont fait l’objet d’enquêtes publiques. Le site de Cancale a fait l’objet d’un avis négatif du commissaire enquêteur quant le projet situé au large de Saint-Coulomb a fait l’objet d’un avis positif.

Il ressort des éléments communiqués dans le cadre de ces deux enquêtes publiques que ces projets n’ont fait l’objet d’aucune étude d’impact préalable sérieuse et indépendante, qu’il s’agisse d’impact environnemental ou paysager.

Se posent de nombreuses questions parmi lesquelles : le déséquilibre biologique que créeraient de telles installations, la gestion des déchets générés par ces nouvelles activités, l’accès aux zones concernées à la navigation, les conflits d’utilisation avec d’autres activités (pêche, conchyliculture, plaisance…), les conséquences sur la fréquentation touristique liées notamment à la dégradation du panorama du fait de la présence de plus de 2600 bouées en surface pour le seul site de Saint-Coulomb…

Le nombre de ces questions importantes ainsi laissées en suspens témoigne d’une grande légèreté quant à la manière dont ces projets sont présentés en l’état. Cette situation tranche avec la rigueur dont font l’objet les projets de construction ou de développement économique dans la zone littorale mais situés à terre.

Elle s’inscrit en contradiction avec le travail conduit par les collectivités locales en vue de préserver l’environnement qu’il s’agisse de la zone Natura 2000 ou des réglementations appliquées aux professionnels ou aux plaisanciers afin qu’ils adoptent des comportements écologiquement responsables.

Au surplus, l’intérêt économique de ces projets est lui-même douteux puisque la production espérée dans des eaux peu propices à cette activité est limitée, les retombées pour l’emploi étant minces pour ne pas dire nulles. La production de moules n’étant pas en outre une activité propre aux baies de Saint-Malo et de Cancale mais à celle du Mont-Saint-Michel, il n’apparaît pas acceptable d’autoriser une telle production en dehors de cette dernière (et pour laquelle existe d’ailleurs une AOC).

La ville de Saint-Malo est concernée par ces projets à plusieurs titres.

La proximité géographique de ces projets avec Saint-Malo, notamment celui de Saint-Coulomb, est d’autant plus réelle qu’ils sont appelés dans un second temps à s’étendre pour atteindre des surfaces considérables. L’enquête publique s’est d’ailleurs également déroulée en mairie de Saint-Malo.

Par ailleurs, plusieurs acteurs malouins ont fait état de leur opposition à ces projets, notamment le Comité local des pêches, l’association des pêcheurs plaisanciers de Rothéneuf et la SNBSM.

En outre, les déchets générés par ces activités sont susceptibles d’être portés par les courants sur les plages malouines. Il s’agit des déchets plastiques utilisés pour ces activités mais également des moules elles-mêmes venant coloniser les rochers et les plages malouines.

Enfin, les acteurs économiques malouins dont l’activité est liée à la mer et qui peuvent craindre les retombées négatives de tels projets sont nombreux. Il s’agit notamment des pêcheurs et des professionnels du tourisme.

Il faut craindre plus largement l’impact négatif de ces projets sur l’image de marque de notre littoral d’une rareté et d’une qualité paysagère exceptionnelle, en relevant notamment qu’ils sont situés dans la zone de départ de la Route du Rhum.

En conséquence, le Conseil municipal de Saint-Malo :

- demande à ce qu’un tel projet d’exploitation de la ressource maritime dans la zone côtière fasse l’objet d’une étude d’impact réalisée par des experts indépendants ;

- souhaite que l’Etat, en charge du domaine public maritime, sollicite l’avis des collectivités locales côtières susceptibles d’être affectées avant d’autoriser de tels projets.

- appelle Monsieur le Préfet à ne pas autoriser en l’état les deux projets de production de moules sur filières au large des communes de Cancale et de Saint-Coulomb.

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