26.08.2008
Socialistes et radicaux
La question la plus fréquemment posée à un représentant du Parti Radical de Gauche est la suivante : « en quoi êtes-vous différents des socialistes ? ». Cet ouvrage très accessible, rassemblant des contributions d’universitaires, apporte des réponses à cette interrogation permanente. De la création du Parti Radical et de la SFIO jusqu’au début de la Ve République, les contributions pointent les points communs et les différences entre ces deux courants de la gauche française. Elles se penchent tant sur l’idéologie que sur les pratiques politiques (fonctionnement des partis, rapport avec les associations, méthodes de campagne…).

Si le parti socialiste a peu à peu pris la place qu’occupait le Parti radical sous la IIIe République, les Radicaux sont loin d’avoir perdu la bataille des idées, les socialistes intégrant la vision radicale (sans toujours l’assumer tant il leur est difficile d’abandonner le discours révolutionnaire). Comme le note Thierry Leterre, si les socialistes ont remplacé le Parti radical comme parti de gouvernement, il ne faut pas oublier que « les Radicaux ont gouverné en appliquant leur programme, les socialistes en trahissant le leur »…
Noelline CASTAGNEZ, Gilles MORIN (dir.), Socialistes et radicaux – Querelles de famille, Editions de l’OURS, 192 p., 16€
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24.07.2008
A quoi sert le Parti Radical de Gauche ?
Dans le paysage politique que donnent à voir les media, le Parti Radical de Gauche occupe une place étonnamment discrète. On pourrait soutenir que le devoir d'information politique équitable n'est pas pleinement rempli lorsqu'est ignorée une formation dont l'implantantion nationale, le nombre d'élus locaux ou la représentation parlementaire sont sans doute supérieurs, par exemple, à ceux des Verts. Les services politiques des grands media nationaux pourraient, en retour, faire valoir que les radicaux de gauche n'ont pas toujours déployé les efforts nécessaires à la mise en évidence de ce qui les distingue des socialistes, dont pour beaucoup, ils seraient une simple succursale ne justifiant pas le commentaire particulier.
Ils pensent au contraire que l'initiative individuelle est créatrice, et que la croissance est la récompense de l'effort, même si l'économie fondée sur la libre entreprise doit être assujettie aux règles permettant de garantir l'intérêt général et d'assurer la solidarité. Leur vision de la société ne se rattache pas à des doctrines invalidées par l'histoire, et procède des seuls principes au nom desquels a été conduite la seule révolution qui vaille : celle qui a permis de poser que tout homme en valait un autre, que leur vie commune supposait un engagement de solidarité, et qu'il n'est pas de vrai progrès humain hors de la liberté.
Quant à ce qui distingue un radical d'un vert, on dira pour simplifier que si, pour un vert, la purification de l'atmosphère parisienne passe par le retour à la bicyclette, elle est, pour un radical, un objectif justifiant qu'on accélère recherche et développement en faveur de la voiture propre.
Le parti radical de gauche n'est pas seulement différent par les valeurs qui fondent son action politique. Il est également singulier par des caractéristiques propres, qui le distinguent des « grands partis de gouvernement ». Il n'y a pas d'enarques au PRG, ou bien y sont-ils discrets. Circonstance qui lui permet de n'être pas touché par cette distorsion propre à la démocratie française dans laquelle le pouvoir, en quelque sorte, se représente lui-même, au lieu de représenter les citoyens. L'ENA forme les meilleurs hauts fonctionnaires du monde, à l'impeccable rationalité. Trop d'entre eux ont entrepris d'appliquer leur raison à la direction de la France, au point d'encombrer et la droite et la gauche d'un excès de logique pure et parfaite, sûre de sa pertinence, mais sourde aux mille autres raisons d'un pays complexe et changeant. Le 29 mai a permis que l'on s'avise de la faille.
Le parti radical de gauche comporte en revanche beaucoup d'élus locaux, qui ne sont pas les mandataires d'une catégorie sociale ou professionnelle particulière, et sont simplement engagés dans la gestion quotidienne des intérêts communs. C'est un parti de femmes et d'hommes libres, de toutes conditions et de toutes professions. C'est un parti ouvert, attentif aux désespérances d'un monde rural qui voit s'éloigner ses services publics, accueillant au besoin de République de tous ceux qui, dans les banlieues de nos grandes villes, s'en ressentent aujourd'hui les indigènes.
En ces temps de craintes sociales et de replis identitaires, de désenchantement sinon de désaveu à l'égard des formations qui, depuis plusieurs décennies, font la politique de la France, le retour de la confiance et de l'élan passe par une renaissance de la démocratie française et celle-ci, par les retrouvailles entre les citoyens et leurs partis. C'est à cela que le parti radical de gauche va servir.
Bernard Castagnède, vice-président du PRG.
14:58 Publié dans Radicalisme - Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prg, radicalisme, doctrine, vie politique |
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